Recherche et collaboration

 

La science de la biodiversité

Les approches traditionnelles ne sauraient être suffisantes pour endiguer et résoudre la crise de la biodiversité. Puisque le changement de biodiversité émane de l’influence grandissante des humains sur leur environnement, il faut combiner à la fois des recherches en sciences naturelles et en sciences sociales. Les sciences de la biodiversité sont donc un domaine multidisciplinaire utilisant des outils et des théories issues de différentes matières comme la biologie moléculaire, la taxonomie, la génétique, le savoir traditionnel, les sciences politiques, l’éco-informatique, l’économie et l’écologie.

Vitrine sur la recherche au CSBQ

L'Observatoire Aérien Canadien de la Biodiversité (CABO)

L’Observatoire Aérien Canadien de la Biodiversité (CABO) implique cinq chercheurs canadiens en biodiversité et en télédétection. L’objectif principal sera d’étudier et de comprendre les changements de biodiversité végétale à l’échelle du Canada, en utilisant la technologie émergente de la spectranomique. CABO utilisera la spectroscopie à haute-fidélité pour mesurer les signatures spectrales de plantes canadiennes à plusieurs échelles spatiales et provenant de différents types d’écosystèmes, en utilisant des protocoles standardisés. Ce faisant, CABO va monter une base de données spectrales des plantes canadiennes et révolutionner la façon dont les données de biodiversité végétale sont acquises au Canada et à travers le monde. CABO renforcera d’autres initiatives internationales en spectranomique et positionnera le Canada comme leader mondial en science de biodiversité et de la conservation. Les fonds attribués au CABO constituent la quatrième subvention Frontières de la découverte du CRSNG d'un montant de $4 millions sur 4 ans.

Funding source: CRSNG - Frontières de la découverte

Anne Bruneau, Etienne Laliberté, Mark Vellend

 

Observatoire des écosystèmes du Québec

Vers un système de suivi automatisé, ouvert et transparent

Les connaissances écologiques actuelles sur les écosystèmes sont bien minces, particulièrement dans les écosystèmes nordiques, et ce manque de connaissances limite l’anticipation des conséquences des changements globaux. C’est pour remédier à ce problème criant que l’Observatoire des écosystèmes du Québec est mis sur pied. Concrètement, cet observatoire va permettre de valoriser les données écologiques déjà disponibles, en s'appuyant sur des initiatives déjà existantes telles que Canadensys, et d’harmoniser la collecte de celles à venir. L’Observatoire compte mettre en place une structure informatique ouverte composée d’une suite d’outils intégrés permettant la synthèse et la communication de l’état de nos écosystèmes québécois. Cette suite permettra, par exemple, une compilation des données en temps réel pour la production automatisée d’un atlas de la biodiversité du Québec ou encore l’automatisation des avant-projets d’évaluation d’impacts environnementaux. L’Observatoire a également comme mandat de contribuer à la formation et aux développements de nouvelles expertises en science de la biodiversité. L’Observatoire des écosystèmes du Québec fédère actuellement des acteurs de divers milieux (académique, gouvernemental, industriel, non gouvernemental) et peut compter sur l’implication de 4 regroupements stratégiques du FRQNT (CSBQ, CEN, Québec-Océan, GRIL) pour atteindre ses objectifs.

Funding source: CRSNG, CSBQ

Dominique Gravel, Timothée Poisot, Steve Vissault

 

L'ambitieux programme Demain la forêt lancé à Québec !

Présenté par la Fondation Cowboys Fringants, le nouveau programme de plantations Demain la forêt, qui sera déployé à la grandeur du Québec, a été officiellement lancé en avril en présence de ses trois partenaires de longue date, le Jour de la Terre, la Fondation David Suzuki et La Tribu. Ce programme d'envergure aura pour principaux objectifs de planter des forêts résilientes, d'éduquer et de mobiliser le grand public, de soutenir la recherche et repérer les pratiques innovantes en terme de reboisement, de concerter les efforts de l'ensemble des acteurs et de faire rayonner ces actions par les arts.

présentés en photo: Mme Suzanne Verreault, élue responsable de l'environnement, Ville de Québec M. Jérôme Dupras, Professeur UQO, Président de la Fondation Cowboys Fringants M. Karel Mayrand, directeur, Fondation David Suzuki M. Michel St-Germain, Viridis Environnement Mme Marie-Annick Lépine, membre des Cowboys Fringants M. Jean-François Pauzé, membre des Cowboys Fringants M. Martin Bureau, Artiste peintre M. Karl Tremblay, membre des Cowboys Fringants Mme Sophie Lavallée, Professeure Université Laval Mme Julie Lafortune, directrice exécutive, Jour de la Terre M. Renaud Lapierre, Viridis Environnement M. Régis Labaume, Maire, Ville de Québec

Jérôme Dupras, Sophie Lavallée

 

le 2e colloque en R du CSBQ

Le 10 et 11 mai dernier s’est déroulé à la Station Biologique des Laurentides le 2e colloque en R du CSBQ. Ces deux journées ont été l’occasion pour les 33 étudiants inscrits de partager leurs connaissances en analyses de la biodiversité en R, à travers 5 ateliers diverses. Ce colloque a été un succès et nous avons déjà hâte d’organiser celui de l’année prochaine ! Tout le matériel des ateliers est disponible sur la page wiki du colloque.

Ehab Abouheif, Léa Blondel, Marie-Hélène Brice

 

Effets indirects de la régulation de la chasse sur le comportement des femelles ours bruns

Attention médiation incroyable à travers le monde

Un nouvel article du laboratoire de Fanie Pelletier, paru à la fin mars dans Nature Communication, a eu une attention médiatique incroyable. À peine une semaine après sa sortie, il présente un Altmetric Attention Score de plus de 1250 points, touchant du même coup le top 5% des scores obtenus à ce jour et le 99e percentile pour les articles du même âge. Ces travaux ont eu une couverture dans plus de 150 médias à travers le monde à ce jour, et ce nombre continue d’augmenter. L’article, Hunting regulation favors slow life histories in a large carnivore, porte sur les travaux de recherche de l’étudiante au doctorat Joanie Van de Walle, et montre les effets indirects de la chasse sur la sélection et les processus démographiques. Les travaux portent sur une population d’ours brun en suède, où la régulation interdit de chasser les femelles accompagnées de jeunes. Les femelles peuvent garder leurs jeunes 1.5 ou 2.5 ans, favorisant du même coup la survie des femelles qui gardent leurs jeunes plus longtemps, et de leurs petits. La perte d’opportunité de reproduction pour les femelles gardant leurs jeunes plus longtemps serait compensée par leur gain en survie, particulièrement lorsque les pressions de chasse sont importantes.

Funding source: FRQNT, CRSNG, Swedish Environmental Protection Agency, Norwegian Directorate for Nature Management, Austrian Science Fund, Swedish Association for Hunting and Wildlife Management.

Fanie Pelletier, Joanie Van de Walle

 

Une longue tradition en recherche au Jardin Botanique de Montréal

Dans le cadre de l'ouverture de la nouvelle salle multifonction de l'Institut de Recherche en Biologie Végétale (IRBV), le professeur Luc Brouillet a présenté la longue histoire de cette collaboration entre la ville de Montréal et l'Université de Montréal. En effet, dès 1920, le frère Marie-Victorin créa l'Institut Botanique de l’Université de Montréal, rebaptisé IRBV lors de son déménagement au Jardin Botanique de Montréal en 1939. Cet institut regroupe aujourd'hui plus de 200 chercheurs, étudiants et personnel de soutien, dont 11 chercheurs membres du CSBQ. Il abrite aussi depuis 2011, le Centre sur la Biodiversité, qui abrite les principales collections biologiques (plantes, insectes, champignons) au Québec, en plus de développer de la recherche innovante et de sensibiliser le public à la préservation de la biodiversité.

Jacques Brisson, Jacques Brodeur, Luc Brouillet, Anne Bruneau, Pierre-Luc Chagnon, Alain Cuerrier, Mohamed Hijri, Simon Joly, Etienne Laliberté, Stéphanie Pellerin, Marc St-Arnaud

 

Notre maison brûle et nous regardons ailleurs.

Les médias toujours aveugles face à la crise de biodiversité ?

Pourtant capitale au bon fonctionnement des écosystèmes et à notre bien-être, la biodiversité (des plantes et des animaux) diminue à un rythme sans précédent. Toutefois, le grand public est assez peu sensibilisé à cet enjeu environnemental majeur. Nous avons voulu mesurer l’écart dans le traitement médiatique entre la perte de biodiversité et un autre enjeu environnemental majeur que sont les changements climatiques. Ce travail, mené conjointement entre l’Université du Québec à Rimouski, l’Université Laval et l’Université de Sherbrooke est publié dans Frontiers in Ecology and Evolution. La présence de ces enjeux dans les médias a été comparée en utilisant les données de journaux anglophones populaires publiés entre 1991 et 2016. Nos analyses démontrent très clairement que la couverture médiatique des changements climatiques est jusqu’à huit fois supérieure à celle de la biodiversité, et ce, malgré une faible différence dans le nombre d’études scientifiques réalisées et le financement dont ont bénéficié ces deux domaines de recherche. Notre étude propose différentes pistes de réflexion afin que les travaux scientifiques liés à la perte de biodiversité soient davantage relayés par les médias. Une plus grande prise de conscience de cette problématique aiderait à la mise en place de nouvelles politiques permettant de relever les défis posés par l’érosion de la biodiversité.

Funding source: QCBS

Dominique Berteaux, Joël Bêty, Dominique Gravel, Nicolas Casajus, Kevin Cazelles, Clément Chevallier, Marion Chevrinais, Claire Jacquet, Pierre Legagneux, Fanny Noisette, Pascale Ropars, Steve Vissault

 

Aménagements fleuris en pomiculture

Augmenter la biodiversité et la survie hivernale des bourdons pour assurer de meilleurs rendements

Parmi les causes potentielles du déclin actuel des pollinisateurs indigènes observés à travers le monde, on retrouve l’utilisation de pesticides, la perte de diversité florale et la simplification du paysage. En pomiculture, les arbres fleurissent hâtivement au printemps, trop tôt pour plusieurs espèces de pollinisateurs indigènes, et les vergers représentent souvent un paysage floral peu diversifié, deux caractéristiques qui limitent leur attrait auprès des pollinisateurs. Actuellement, la pollinisation se fait majoritairement par l’utilisation de l’abeille à miel (Apis mellifera). Mais ce travail pourrait être effectué par des pollinisateurs indigènes tels que les bourdons Bombus spp., plus efficace que l’abeille à miel, et déjà au travail tôt au printemps, mais qui tendent à être peu nombreux dans les vergers en raison de la faible diversité florale. Ce projet de trois ans, en collaboration avec des pomiculteurs de la Montérégie et de l’Estrie, a été mis en place au printemps dernier par Amélie Gervais, une étudiante au doctorat sous la direction de Valérie Fournier et Marc Bélisle. Cette étude permettra de quantifier les impacts des aménagements fleuris – tels que des haies brise-vent, des bandes riveraines et des bandes fleuries – sur la diversité de bourdons indigènes et leur survie hivernale. À terme, ce projet permettra d’évaluer les impacts biologiques et économiques des aménagements fleuris en pomiculture.

Funding source: MAPAQ

Valérie Fournier, Amélie Gervais

 

Perspectives souterraines et spatio-temporelles de l’évolution de la distribution des érablières au Québec

Le sol est un système complexe comprenant une multitude d’interactions souterraines entre les différents éléments vivants et non-vivants. Parmi ces interactions, certaines plantes et champignons ont développé une relation étroite, pouvant être bénéfique aux deux partenaires. Ce projet vise donc dans un premier temps à mieux comprendre les interactions entre les plantes et leurs partenaires fongiques au sein des érablières présentes au sud du Québec. Par la suite, une expérience sur le terrain permettra de mettre en lumière l’effet des associations plantes-champignons sur la décomposition de la matière organique. Finalement, dans un contexte de changement climatique, nous tenterons de déterminer dans quelle mesure la migration attendue des arbres tel que l'érable, de la forêt tempérée vers la forêt boréale sera impactée par les microbes présents dans les sols boréaux. Dans son ensemble, ce projet vise donc à améliorer notre compréhension du rôle des phénomènes souterrains dans le fonctionnement des écosystèmes.

Funding source: CRSNG, CSBQ, FRQNT

Etienne Laliberté, Mark Vellend, Alexis Carteron

 

Le rôle de la conservation en milieu privé sur le maintien des écosystèmes et de la biodiversité

La création d’un espace protégé par des mesures gouvernementales comme les parcs provinciaux et nationaux permet de conserver les écosystèmes ainsi que leur biodiversité. Cependant, très peu d’études ont évalué le rôle de la conservation en milieu privé sur le maintien des écosystèmes et de la biodiversité. Au cours des dernières années, le Réseau de Milieux Naturels Protégés (www.RMNnat.org) a développé une base de données unique, mais encore peu exploitée, géolocalisant la plupart des milieux protégés en terres privés au Québec. Le réseau Canadensys possède quant à lui une vaste base de données ouverte d'occurrence des espèces et enfin le Centre de Données sur le Patrimoine Naturel du Québec (CDPNQ) possède des données relatives aux espèces menacées, vulnérables ou susceptibles d’être ainsi désignées. Ainsi, en couplant les données sur la flore du Québec de Canadensys et du CDPNQ aux données provenant du RMN, nous souhaitons tester l’effet de la conservation en terre privées sur plusieurs composantes de la biodiversité (p. ex., biodiversité alpha et beta) grâce à des analyses spatiales et statistiques.

Funding source: CSBQ, Réseau de milieux naturels protégés (RMN), Canadensys

Anne Bruneau, Claude Lavoie, Stéphanie Pellerin, Carole Sinou

 

Suivi de la biodiversité par les communautés du grand Nord

Grâce à une plate-forme adaptée en ligne

Les communautés nordiques font face à de nombreux défis en lien avec les changements climatiques. Les espèces animales, leurs abondances et leurs moments d'arrivées et de départ changent rapidement. Ce projet de biodiversité nordique vise à documenter les effets des changements climatiques sur les communautés d'animaux et de plantes de la toundra en invitant les citoyens du Nord à enregistrer les observations d'espèces sur une plate-forme en ligne adaptée et flexible. http://northernbiodiversity.ca

Funding source: CSBQ, CEN

François Vézina, Pierre Legagneux

 

Les tamias rayés de la région des Monts Sutton

Un suivi à long terme pour mieux comprendre les facteurs influençant le maintien de la diversité phénotypique

Situé en plein cœur de l’Estrie, le site d’étude des tamias rayés (Tamias striatus) s’anime chaque printemps depuis plus d’une dizaine d’années: une équipe s’y active pour la collecte de données essentielles pour mieux comprendre l’importance des facteurs génétiques et environnementaux dans le maintien de la variabilité phénotypique. Un marquage individuel des tamias grâce à des étiquettes d’oreille permet de les suivre dans le temps, et de récolter des mesures répétées au niveau morphologique, physiologique, et de leurs comportements. Des analyses génétiques permettent aussi d’évaluer leur succès reproducteur et d’établir leur pédigrée et ainsi d’ajouter une composante génétique à la diversité phénotypique observée. Finalement, les tamias étant susceptibles à la fluctuation des ressources dans leur environnement, la variation annuelle dans la disponibilité de la nourriture, influencée par la dynamique des arbres à paissons, est également quantifiée. Tout un effort d’échantillonnage qui est récompensé par la qualité des recherches qui en découle.

Funding source: CRSNG, FRQNT

Patrick Bergeron, Dany Garant, Fanie Pelletier, Denis Réale

 

Analyse de la connectivité nécessaire à la survie de la Rainette faux-grillon.

Ce projet d’un ans a pour objectif d’améliorer la compréhension des menaces identifiées dans les documents du rétablissement de la Rainette faux-grillon de l’Ouest notamment en ce qui concerne l’étalement urbain et l’intensification des pratiques agricoles en relation avec la nécessité de maintenir une connectivité entre les métapopulations de cette espèce en Montérégie. Cette compréhension s’appuie sur une analyse de la connectivité intrasite et entre les métapopulations de manière à pouvoir identifier des secteurs d’importance pour le maintien de cette connectivité.

Funding source: Environment and Climate Change Canada (ECCC).

Andrew Gonzalez

 

L'adaptation des légumineuses tropicales du genre Erythrina aux pollinisateurs

Chez les angiospermes, les fleurs exhibent une diversité phénotypique incroyable. Ainsi, leurs formes varient énormément d'une espèce à l'autre et reflètent souvent la diversité des pollinisateurs; les plantes s'adaptant afin de maximiser le transfert de pollen. Nous étudions le genre tropical Erythrina, appartenant à la famille des légumineuses, comme modèle afin de mieux comprendre l’évolution de la forme florale en réponse aux pressions de sélection des pollinisateurs. Ce genre compte 131 espèces pollinisées principalement par les oiseaux (colibris et passereaux) et les abeilles. La pollinisation par les abeilles et les passereaux, considérée comme l’état ancestral est associé à des fleurs ouvertes, tandis que la pollinisation par les colibris a probablement évolué plus récemment. Dans ce projet, nous avons caractérisé la forme des fleurs à l’aide d’analyses géomorphométriques de spécimens d'herbier, et leur évolution a été inférée grâce à une phylogénie moléculaire. Les résultats démontrent que la pollinisation par les colibris est apparue de manière indépendante plusieurs fois au cours de l’évolution, et est accompagnée d’une série d’adaptations similaires, telles les fleurs tubulaires. Ceci suggère que les colibris exercent une forte pression de sélection et que le phénotype tend à converger vers une forme florale bien précise.

Funding source: CRSNG, Fondation Mutua Madrileña (Madrid, Espagne)

Anne Bruneau, Simon Joly, Gonzalo Bilbao Gómez-Martino

 

Sources animales de nourriture des peuples autochtones en Amérique du Nord

Une ressource web complète et gratuite

Cette publication web vise a décrire et référencer les écrits documentant les sources animales de nourriture des peuples autochtones d'Amérique du Nord. On peut y retrouver de l'information sur les endroits où ces sources de nourriture ont été ou sont consommées selon les cultures locales. Ce portail s'intéresse au Canada, à l'Alaska, au Groenland et au nord des États-Unis, mais plusieurs des espèces animales décrites sont également présentes dans les territoire nordiques d'Europe et d'Asie. En somme, des données pour 527 espèces animales sont présentées, puisant dans 490 sources ethnographiques, 91 sources qui rapportent de l'information nutritionnelles, et 357 sources contenant des informations biologiques de base.

Funding source: CINE, Grid Arendal

Murray Humphries

 

Les réponses de la biodiversité à la gestion des réservoirs hydroélectique

Présenté sur le canal savoir

Les modifications hydrologiques des lacs et des rivières sont une forme de changement environnementale envahissante dans le Québec et à travers le monde. Bien qu’il y a clairement des avantages sociaux pour réglementer les écosystèmes aquatiques (ex : contrôle des inondations, hydroélectricité), les impacts écologiques restent moins clairs et représentent des enjeux que les communautés locales du Québec luttent contre. En particulier, le rabattement du niveau d’eau en hiver est une pratique courante dans les réservoirs tempérés du Nord, mais les recherches écologiques de ce sujet sont limitées. En partenariat avec le CSBQ et des groupes communautaires locaux, nous avons réalisé une synthèse de la littérature ainsi qu’une enquête de terrain des réservoirs. Nos études ont démontré que plusieurs populations de poissons juvéniles et adultes font apparaître une abondance soudaine suite à la création d'un réservoir, mais les communautés de poissons dans l’ensemble paraissent de ne pas être affectées par le niveau du rabattement du niveau d'eau. Par contraste, les abondances élevées de macro-invertébrés ont tendance à se produire seulement chez les sites littoraux s’ils ne sont pas exposés par le rabattement, ce qui suggère que les ressources benthoniques pour les poissons pourraient être limitées. Maintenant nous évaluons si la croissance et l’alimentation des poissons sont altérées par le rabattement des niveaux d'eau. Consultez le vidéo fait par la FRQNT et Canal Savoir qui couvre nous découvertes préliminaires.Voir le vidéo ici.

Irene Gregory-Eaves, Christian Nozais, Chris Solomon

 

Le projet LEAP

Une installation de pointe pour des recherches sur les écosystèmes d'eau douce

Le projet LEAP consiste en une installation de pointe pour effectuer des expériences sur des écosysèmes aquatiques. Le site situé à la Réserve Naturelle Gault au Mont Saint-Hilaire inclut un laboratoire et 96 bassins d'eau douce. Plusieurs éléments clés de ces mésocosmes en bassins peuvent être manipulés. Les chercheurs vont combiner des méthodes en écologie expérimentale des communautés et en évolution, sous des conditions contrôlées, pour mesurer la réponse de ces écosystèmes aquatiques à des facteurs de stress environnementaux multiples. Les questions liées à la résilience évolutive des écosystèmes d'eau douce sont d'une importance primordiale au Québec puisque 10 p.c. de la surface du Québec est couverte d'eau douce (environ un demi-million de lacs). De par la recherche de pointe en écologie appliquée et en évolution qu'il va permettre, le projet LEAP renforcera les engagements du Québec et du Canada en matière de gestion environnementale dans une période de changements globaux accélérés.

Funding source: Canada Foundation for Innovation, Liber Ero Chair in Conservation Biology, NSERC and McGill University.

Andrew Gonzalez

 

Infrastructures vertes et bleues en milieu urbain

Les changements globaux (CG) menacent de plus en plus les infrastructures vertes de nos villes, particulièrement les arbres et la végétation associée. En effet, ceux-ci sont de plus en plus touchés par l’augmentation des stress environnementaux et des insectes et maladies exotiques. Or, ces arbres fournissent directement et indirectement, par le fonctionnement de l’écosystème terrestre urbain qui en découle, de nombreux services écosystémiques indispensables à notre bien-être. Ces services risquent d’être considérablement réduits face aux menaces grandissantes causées par les CG. L’hypothèse sous-jacente à ce projet est que la résistance et résilience des écosystèmes urbains et périurbains, et conséquemment les services écosystémiques que ceux-ci fournissent, peuvent être augmentés en favorisant une plus grande diversité structurale des écosystèmes, une plus grande diversité fonctionnelle des arbres et de la végétation associée et une connectivité plus importante des espaces verts afin de répondre aux CG et globaux prédits pour le Sud du Québec au cours des prochaines années. Nous travaillons sur les territoires de Montréal, Ottawa/Gatineau et Québec afin de planifier les corridors de biodiversité, mesurer les flux de services écosystémiques et réaliser leur évaluation économique.

Funding source: Commission de la capitale nationale, la Fondation David Suzuki, Ouranos et le Centre sur la science de la biodiversité du Québec

Danielle Dagenais, Andrew Gonzalez, Jochen Jaeger, Martin Lechowicz

 

Conflits sur la biodiversité

Comment les éleveurs du sud du Mexique perçoivent-ils la prédation sur leur bétail et l’outil de conservation mis en place pour y remédier ?

Les grands prédateurs sont à l’origine de nombreux conflits entre humains à propos de leur conservation. Parmi les outils créés pour réduire les impacts des prédateurs sur le bétail, on trouve des programmes de compensation destinés à éviter que les éleveurs éliminent les prédateurs en représailles. Les évaluations de ces programmes sont souvent controversées, entre autres parce qu’elles s’intéressent soit aux bénéfices écologiques, soit au rapport coûts-bénéfices, mais très rarement au point de vue des producteurs. Pourtant, la conservation des grands prédateurs passe ultimement par la collaboration des éleveurs. Nous nous intéressons à la perception des éleveurs quant aux effets de la prédation du bétail par les grands prédateurs, dans une région du Mexique qui abrite la plus grande population de jaguar. Nous cherchons de plus à comprendre les facteurs sociaux qui influencent la perception d’un programme de compensation mis en place il y a quelques années, de façon à pouvoir l’améliorer afin qu’il réponde à la fois aux besoins de conservation du jaguar et aux problèmes des éleveurs face à la perte de bétail.

Sophie Calmé

 

La détermination du sexe chez les moules d’eau douce

Contrairement à tous les autres animaux, qui ont un mode de transmission strictement maternel de l'ADN mitochondrial, plusieurs espèces de bivalves ont un mode de transmission fondamentalement différent et connu sous le nom de Doubly Uniparental Inheritance (DUI). Ce système atypique est caractérisé par la présence de deux génomes mitochondriaux distincts: un génome M transmis par les mâles et présent dans les spermatozoïdes, et un génome F transmis par les femelles, présent dans tous les tissus chez les femelles, et dans les tissus somatiques chez les mâles. Chez les moules d’eau douce, il existe des espèces proches parentes gonochoriques (à sexes séparés) qui possèdent le système DUI, et des espèces hermaphrodites qui ont perdu les mitochondries « mâles ». Notre projet consiste à étudier le lien qui existe entre le système DUI et son rôle potentiel dans la détermination du sexe.

Funding source: CRSNG

Sophie Breton, Charlotte Capt

 

À chaque année, les chercheurs et étudiants du CSBQ développent de nouvelles collaborations, co-supervisent de nouveaux étudiants, écrivent des articles dans des journaux prestigieux et explorent de nouveaux sujets de recherche. Le tableau de bord des activités de recherche, de collaboration et de formation du CSBQ est un outil interactif permettant d’explorer de façon intuitive les activités scientifiques et de formation de nos chercheurs et étudiants. Il fournit des représentations graphiques dynamiques de ce qu’est notre réseau aujourd’hui et de son évolution dans le temps. Bonne exploration!