Recherche et collaboration

 

La science de la biodiversité

Les approches traditionnelles ne sauraient être suffisantes pour endiguer et résoudre la crise de la biodiversité. Puisque le changement de biodiversité émane de l’influence grandissante des humains sur leur environnement, il faut combiner à la fois des recherches en sciences naturelles et en sciences sociales. Les sciences de la biodiversité sont donc un domaine multidisciplinaire utilisant des outils et des théories issues de différentes matières comme la biologie moléculaire, la taxonomie, la génétique, le savoir traditionnel, les sciences politiques, l’éco-informatique, l’économie et l’écologie.

Vitrine sur la recherche au CSBQ

L'application de méthodes biologiques classiques pour la gestion des espèces exotiques envahissantes causant des impacts environnementaux

Ce rapport technique vise à soutenir la compréhension et l'utilisation des méthodes biologiques classiques pour la gestion des espèces exotiques envahissantes qui menacent la biodiversité et les services écosystémiques, ou qui dégradent ou transforment déjà les écosystèmes et les milieux naturels indigènes. Le rapport présente un examen détaillé de l'historique de la réussite, de l'échec et de la rentabilité des programmes de lutte biologique classique contre les différents groupes taxonomiques d'espèces exotiques envahissantes dans les secteurs agricole et environnemental, montrant que la probabilité de réussite est tout à fait spécifique à la cible, mais que les avantages ne sont pas toujours spécifiques au secteur. Il peut y avoir des avantages conjoints pour les écosystèmes naturels et agricoles. La nécessité d'aborder la question de l'acceptation éthique et sociétale de l'introduction d'une autre espèce exotique "bénéfique" pour contrôler une espèce exotique envahissante existante est également étudiée afin de montrer comment la lutte biologique classique a obtenu l'acceptation du public dans certains contextes et régions, mais que des processus doivent être mis en place pour aborder ces questions plus largement dans le monde. Un cadre éthique est proposé. Deux sections couvrent les mécanismes et accords réglementaires nationaux et internationaux existants qui soutiennent l'application de la lutte biologique au niveau national et régional, tout en identifiant les lacunes réglementaires. Le rapport fournit également un examen complet des impacts directs et indirects non ciblés des programmes de lutte biologique existants et des facteurs de risque (tant perçus que réels) qui y contribuent. Après une brève discussion sur les perspectives d'avenir de la lutte biologique classique contre les espèces exotiques envahissantes qui menacent ou transforment de manière nuisible les biens environnementaux, le rapport conclut par un aperçu de ce que les pays et les juridictions, qui n'entreprennent pas actuellement ou activement la lutte biologique classique, doivent prendre en considération pour commencer à adopter une telle approche et à utiliser la lutte biologique classique à l'avenir, s'ils souhaitent l'envisager. Ce rapport contient également, de manière impartiale, les informations et les conclusions basées sur les soumissions des Parties et des autres gouvernements en réponse à la notification 2015-0525 de la Convention sur la diversité biologique.

Funding source: CBD

Jacques Brodeur

 

Nouvelle étude orchestrée par l’UQAC sur la biodiversité des fonds marins au Canada

Le professeur en écologie marine de l’UQAC, le Dr Mathieu Cusson, avec ses collègues provenant de 13 institutions canadiennes, vient de publier la plus vaste étude à ce jour sur la biodiversité des fonds marins du Canada. L’étude intitulée « Seafloor biodiversity of Canada's three oceans : Patterns, hotspots and potential drivers » a été publiée très récemment dans la revue Diversity and Distributions, un journal de premier plan dans le domaine. L'étude a évalué la biodiversité marine benthique des trois océans du Canada, du Pacifique à l'Atlantique en passant par l'Arctique. Le Dr Mathieu Cusson a orchestré les travaux de cette étude qui ont été amorcés dès 2013. Son postdoctorant et premier auteur de l’étude, le Dr Chih-Lin Wei, aujourd’hui professeur d'océanographie à l’Université Nationale de Taiwan, indique : « Il a fallu déployer d'énormes efforts pour compiler et analyser les données de plus de 13 000 échantillons, couvrant plus de 6 000 sites dans les trois océans du Canada. Nous sommes heureux de pouvoir réaliser ce projet. Il a été difficile de trouver, de formater, de valider et de normaliser les données sur la diversité ». Le Dr Wei ajoute que l’étape la plus cruciale a été de garantir aux fournisseurs de données que leurs données étaient entre de bonnes mains. « À l'aide d'informations sur le terrain compilées sur plusieurs années par plusieurs laboratoires, cette équipe a utilisé les données de près de 3400 espèces et taxons pour identifier les points chauds de la biodiversité dans les écosystèmes marins canadiens », a déclaré le Dr Ricardo Scrosati, coauteur de l'Université St. Francis Xavier. L'équipe a utilisé une méthode statistique de pointe en évaluation de la biodiversité. Cette méthode, développée par une statisticienne taïwanaise de renom, la Dre Anne Chao, pour estimer la biodiversité à partir de divers engins d'échantillonnage, puis a utilisé des informations environnementales pour explorer les causes les plus probables des patrons de la biodiversité observée. « Avec près de 60% de taxons de plus que les études précédentes, notre étude montre des points chauds inédits de la biodiversité, entre autres dans l'Arctique canadien, montrant que la vision dominante de la diminution de la diversité avec la latitude n’est pas toujours valide » explique le Dr Mathieu Cusson, leader du projet. Le Dr Scrosati dit que dans l'ensemble, nos résultats fournissent des informations précieuses qui devraient améliorer, entre autres objectifs, la conception d'aires marines protégées pour préserver notre riche et fascinante biodiversité benthique marine. "Nous sommes heureux de voir l'étude publiée dans cette revue, car elle a un facteur d'impact très élevé, ce qui suggère que l'étude sera largement vue dans la communauté scientifique du monde entier. Ainsi, d'une part, nous espérons attirer des collègues talentueux et les étudiants à poursuivre leurs études sur la biologie marine et, d'autre part, nous espérons voir nos approches appliquées à d'autres parties du monde vers une synthèse mondiale que la science est toujours à la recherche ", a déclaré le Dr Scrosati. Pourquoi étudier la biodiversité d’habitats qu’on ne voit pas ? Le Dr Mathieu Cusson souligne que la connaissance de la biodiversité des fonds marins aide à comprendre le fonctionnement des écosystèmes. Aussi, si dans un avenir proche les écosystèmes sont appelés à être modifiés dans leur biodiversité, ces études aiguillonneront les chercheurs sur les conséquences pour leur fonctionnement et, ultimement, pour les services écosystémiques qu’ils nous fournissent.

 

Que peut nous apprendre le microbiome intestinal sur la santé des ours polaires ?

Les ours polaires sont très vulnérables en raison de la fonte de la glace de mer, induite par le changement climatique, car elle réduit leur accès à leur principale source de proie, les phoques annelés, qui doivent se déplacer sur la glace. Par conséquent, certains ours ont modifié leur comportement de recherche de nourriture en utilisant davantage les ressources alimentaires terrestres, comme les carcasses de baleines boréales, les oiseaux de rivage et les œufs d'oiseaux de rivage. Les changements de régime alimentaire peuvent avoir des répercussions importantes sur la santé d'une espèce et des individus, notamment en modifiant leur microbiome de l'intestin, qui est un assemblage de micro-organismes (principalement des bactéries) connus pour mener à bien de nombreux processus métaboliques et immunitaires importants pour leur organisme hôte. À ce jour, le microbiome intestinal est relativement peu étudié pour de nombreuses populations et espèces sauvages. Notre travail vise à décrire et à comparer de façon préliminaire la composition et la diversité des communautés microbiennes intestinales des ours polaires du sud de la mer de Beaufort et de l'est du Groenland, et à approfondir ces connaissances en évaluant comment les différences dans les régimes alimentaires respectifs de ces sous-populations géographiquement disparates pourraient alternativement façonner leur microbiote intestinal. Megan Franz est une étudiante en maîtrise de l'Université McGill qui travaille sur ce projet pour sa thèse. Elle est supervisée par le Dr Melissa McKinney, professeure adjointe au département des sciences des ressources naturelles de l'Université McGill et titulaire d'une chaire de recherche du Canada sur les changements écologiques et les facteurs de stress environnementaux. Mégan est co-supervisée par le Dr Lyle Whyte, professeur au département des sciences des ressources naturelles de l'Université McGill et titulaire d'une chaire de recherche du Canada en microbiologie polaire. Le projet implique également une collaboration avec Kristin Laidre de l'Université de Washington et Todd Atwood de l'USGS Alaska Science Center.

Melissa McKinney, Megan Franz

 

Bon appétit! Des contaminants au menu des orques de l’atlantique du nord?

Les orques sont parmi les animaux les plus contaminés de la planète, accumulant des niveaux élevés de contaminants synthétiques dans leurs tissus. Ces contaminants, notamment les PCB (biphényles polychlorés) et les DDT (dichlorodiphényltrichloroéthanes) sont interdits depuis des décennies, mais ils se dégradent très lentement et s'accumulent fortement dans la chaîne alimentaire, ce qui entraîne une exposition élevée des prédateurs supérieurs. De telles concentrations de contaminants exposent les orques, le principal prédateur des océans, à des risques d'effets endocriniens, reproductifs et immunitaires sur la santé. Il a été démontré que le régime alimentaire est un facteur important dans la variation des contaminants parmi les groupes d'orques. Cependant, le régime alimentaire au sein des groupes d'orques de l'Atlantique Nord et entre eux n'est pas bien compris. Notre projet vise à utiliser des traceurs chimiques à haute résolution du régime alimentaire mesuré à partir d'échantillons de biopsie d'orques de l'Atlantique Nord vivant en liberté afin de mieux comprendre les différents régimes alimentaires des principaux groupes d'orques de l'Atlantique Nord et, par conséquent, de comprendre comment cette variation alimentaire peut entraîner des différences d'exposition aux principales classes de contaminants problématiques pour l'environnement.

Melissa McKinney, Anaïs REMILI

 

Une plate-forme de science citoyenne pour la numérisation des spécimens de l'herbier Louis-Marie

L’Herbier Louis-Marie de l’Université Laval est le plus grand herbier universitaire canadien. Avec près de 800 000 spécimens entre ses murs, la tâche d’informatisation de cette collection est monumentale. À ce jour, environ 37% des spécimens, surtout des plantes vasculaires, mais aussi des bryophytes et des lichens sont saisis. Le but d’informatiser la collection de l’Herbier Louis-Marie est de faciliter la gestion et les recherches dans la collection, mais surtout de rendre plus accessible aux chercheurs et au grand public les données de biodiversités de cette collection. Grâce à la collaboration du Centre de la science de la biodiversité du Québec, l’Herbier a pu mettre en place un portail collaboratif d’informatisation de la collection. Les participants utilisent les images des cartons d’herbier déposées sur le portail pour en décrypter et transcrire les informations essentielles tel le nom de l’espèce, le lieu et la date de récolte, ou le nom de la personne qui a récolté le spécimen. Ces informations d’étiquette, parfois manuscrites, parfois dactylographiées, mais généralement complexes et très différentes les unes des autres, sont généralement mieux interprétées par des personnes, même si des technologies de reconnaissance numérique existent. Nous espérons que ce nouveau portail augmente la cadence d’informatisation de l’Herbier Louis-Marie. Les données de biodiversité provenant de l’Herbier Louis-Marie sont diffusées sur le site de l’Herbier (herbier.ulaval.ca) et déposées sur plusieurs agrégateurs de données de biodiversité comme Canadensys, GBIF, le consortium des herbiers nord-américains de lichens et de bryophytes et iDigBio.

Claude Lavoie

 

Possibilités et limites de l’encadrement juridique de la protection des rives, du littoral et des plaines inondables au Québec

Depuis son adoption en 1987, la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (PPRLPI) a fait l’objet de plusieurs mises à jour, la dernière datant de 2017, et ce, dans le but de résoudre certains problèmes d’application. Dans le cadre du chantier de modernisation du régime d’autorisation en application de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE), de l’adoption de la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques (LCMHH) et de la mise en œuvre de la nouvelle Stratégie québécoise de l’eau (SQE), une refonte complète des dispositions de la PPRLPI doit être effectuée, à moyen terme, afin d’y apporter les modifications nécessaires. Celles-ci concernent autant la gestion des zones inondables que des éléments concernant la protection des rives et du littoral, en milieu continental et côtier et possiblement des milieux humides. Une réflexion de fond sur la refonte de cette Politique doit être initiée. L’intégration de nouvelles connaissances et la prise en compte des changements climatiques motivent également cette refonte, de même que les constats sur les problèmes d’application et d’uniformité du cadre normatif minimal par les municipalités. Considérant ces besoins, la Direction de l’agroenvironnement et du milieu hydrique (DAEMH) a décidé de faire appel au Centre de la science de la biodiversité du Québec (CSBQ), afin d’effectuer une étude critique des mesures réglementaires de l’Union européenne et de quelques pays membres et de leur mise en application.

Funding source: Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, CSBQ, MELCC

Sophie Lavallée

 

Chaire de recherche sur les enjeux sociaux de la conservation

- Comprendre les possibilités et les contraintes sociales pour la protection des habitats de diverses espèces fauniques menacées ou vulnérables au sein d’une variété de contextes socioéconomiques et culturels. - Connaître les perceptions des propriétaires fonciers, les réponses sociales et les risques de conflits reliés aux interventions projetées de conservation des habitats fauniques en milieux privés. - Identifier des entraves à la conservation découlant des modes d’aménagement du territoire et des institutions sociales, économiques et politiques - Définir les démarches de collaboration, d’éducation et de sensibilisation à prioriser pour réaliser des interventions légales de conservation en terrain privé. - Évaluer et comparer les modalités de gouvernance et d’organisation sociale dans l’aménagement et la mise en valeur des ressources naturelles en terrain privé en fonction des enjeux de conservation de la faune.

Funding source: Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Centre de la Science de la Biodiversité du Quebec

Jean-François Bissonnette, Sophie Calmé, Konstantia Koutouki, Katrine Turgeon, Louis Tanguay

 

Le Dialogue nord-américain sur la diversité bioculturelle

Conférence CICADA

Le Dialogue fut une conférence de 3 jours, faisant partie d’une série d’événements organisés dans le cadre du Programme de travail conjoint de l’UNESCO-SCDB, ayant pour but d’examiner le sens et les valeurs des liens entre la diversité biologique et culturelle au niveau régional et leurs implications pour trouver des solutions aux problèmes mondiaux auxquels l’humanité fait face. En particulier, le Dialogue cherchait à promouvoir l’échange et la co-création de connaissances entre différents acteurs pour améliorer la compréhension des liens d’interdépendance entre les dimensions biologiques et culturelles de la diversité, ainsi que la compréhension de leurs implications pour la gestion des ressources et les processus de prise de décision. Le Dialogue visait également à sensibiliser sur le rôle des langues autochtones et des systèmes de gestion et de connaissances autochtones et locales, qui constituent la base d’une diversité culturelle riche et florissante.

Colin H. Scott

 

Comprendre les Microbes pour Sauver les Récoltes

Le professeur de l'INRS Etienne Yergeau, Ph.D décroche un financement de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) pour mieux comprendre les interactions entre les plantes et les micro-organismes dans le sol. « Au niveau de leurs racines, les plantes font des échanges de services avec les micro-organismes, explique le professeur Yergeau. La composition de cette communauté de champignons, de bactéries et d’autres êtres microscopiques change selon les conditions, mais on comprend très peu la dynamique qui régit le tout. Si on arrive à déchiffrer qui fait quoi et comment, on pourra tirer profit des interactions pour aider les plantes à demeurer en santé dans des conditions difficiles. » Ce projet de recherche du professeur Yergeau est également financée par le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement du Québec (MEES).

Funding source: FCI, MEES

Etienne Yergeau

 

Aural Soilscapes

Créer une conscience écologique face au changement climatique

Une collaboration Artistico-Scientifique qui a pour but de comprendre comment les sons de notre environnement nous influence en tant qu’humains et d’explorer comment les humains interagissent avec le monde autour, s’éloignant d’une vue anthropocentrique a holistique des interactions écosystémiques.

François-Joseph Lapointe, Ruth Schmidt

 

Les arbres publics de la ville de Montréal

Une plate-forme interactive

Cet outil interactif permet d'identifier les arbres publics de la ville de Montréal et d'effectuer des recherches par nom d'espèce. On y retrouve plus de 350 000 arbres qui sont géolocalisés. Les données utilisées pour cet interface proviennent du portail de données ouvertes de la ville de Montréal. Le recensement et la géolocalisation des arbres sont effectués par les employés des arrondissements. Le développement de cet outil a débuté lors d'un hackathon de données ouvertes fournies par la ville, et a été poursuivi par Guillaume Larocque, professionnel de recherche au CSBQ.

 

Valeur économique des services écologiques pour les industries québécoises

Études préliminaires en vue de développer les connaissances

En 1992, le Canada a signé la convention sur la diversité biologique qui fut entérinée la même année par le gouvernement du Québec. L’article 7 de la convention exige que les pays signataires identifient et suivent les composantes de la biodiversité qui sont importantes pour la conservation et le développement durable. Or, l’intensification du développement du territoire comme les changements climatiques affectent la biodiversité de diverses façons. Le gouvernement du Québec souhaite être proactif et anticiper les effets des perturbations naturelles et anthropiques sur la biodiversité de manière à pouvoir réagir, en termes de protection d’habitats et/ou de gestion durable des populations. Considérant ces besoins et par l’intermédiaire du MESI, le gouvernement a décidé de faire appel aux CSBQ pour développer la connaissance sur la valeur économique des services écologiques pour les industries québécoises.

Funding source: Ministère de l'économie de la science et de l'innovation

Jérôme Dupras, Andrew Gonzalez, Monique Poulin

 

L'Observatoire Aérien Canadien de la Biodiversité (CABO)

L’Observatoire Aérien Canadien de la Biodiversité (CABO) implique cinq chercheurs canadiens en biodiversité et en télédétection. L’objectif principal sera d’étudier et de comprendre les changements de biodiversité végétale à l’échelle du Canada, en utilisant la technologie émergente de la spectranomique. CABO utilisera la spectroscopie à haute-fidélité pour mesurer les signatures spectrales de plantes canadiennes à plusieurs échelles spatiales et provenant de différents types d’écosystèmes, en utilisant des protocoles standardisés. Ce faisant, CABO va monter une base de données spectrales des plantes canadiennes et révolutionner la façon dont les données de biodiversité végétale sont acquises au Canada et à travers le monde. CABO renforcera d’autres initiatives internationales en spectranomique et positionnera le Canada comme leader mondial en science de biodiversité et de la conservation. Les fonds attribués au CABO constituent la quatrième subvention Frontières de la découverte du CRSNG d'un montant de $4 millions sur 4 ans.

Funding source: CRSNG - Frontières de la découverte

Anne Bruneau, Etienne Laliberté, Mark Vellend

 

Observatoire des écosystèmes du Québec

Vers un système de suivi automatisé, ouvert et transparent

Les connaissances écologiques actuelles sur les écosystèmes sont bien minces, particulièrement dans les écosystèmes nordiques, et ce manque de connaissances limite l’anticipation des conséquences des changements globaux. C’est pour remédier à ce problème criant que l’Observatoire des écosystèmes du Québec est mis sur pied. Concrètement, cet observatoire va permettre de valoriser les données écologiques déjà disponibles, en s'appuyant sur des initiatives déjà existantes telles que Canadensys, et d’harmoniser la collecte de celles à venir. L’Observatoire compte mettre en place une structure informatique ouverte composée d’une suite d’outils intégrés permettant la synthèse et la communication de l’état de nos écosystèmes québécois. Cette suite permettra, par exemple, une compilation des données en temps réel pour la production automatisée d’un atlas de la biodiversité du Québec ou encore l’automatisation des avant-projets d’évaluation d’impacts environnementaux. L’Observatoire a également comme mandat de contribuer à la formation et aux développements de nouvelles expertises en science de la biodiversité. L’Observatoire des écosystèmes du Québec fédère actuellement des acteurs de divers milieux (académique, gouvernemental, industriel, non gouvernemental) et peut compter sur l’implication de 4 regroupements stratégiques du FRQNT (CSBQ, CEN, Québec-Océan, GRIL) pour atteindre ses objectifs.

Funding source: CRSNG, CSBQ

Dominique Gravel, Timothée Poisot, Steve Vissault

 

L'ambitieux programme Demain la forêt lancé à Québec !

Présenté par la Fondation Cowboys Fringants, le nouveau programme de plantations Demain la forêt, qui sera déployé à la grandeur du Québec, a été officiellement lancé en avril en présence de ses trois partenaires de longue date, le Jour de la Terre, la Fondation David Suzuki et La Tribu. Ce programme d'envergure aura pour principaux objectifs de planter des forêts résilientes, d'éduquer et de mobiliser le grand public, de soutenir la recherche et repérer les pratiques innovantes en terme de reboisement, de concerter les efforts de l'ensemble des acteurs et de faire rayonner ces actions par les arts.

présentés en photo: Mme Suzanne Verreault, élue responsable de l'environnement, Ville de Québec M. Jérôme Dupras, Professeur UQO, Président de la Fondation Cowboys Fringants M. Karel Mayrand, directeur, Fondation David Suzuki M. Michel St-Germain, Viridis Environnement Mme Marie-Annick Lépine, membre des Cowboys Fringants M. Jean-François Pauzé, membre des Cowboys Fringants M. Martin Bureau, Artiste peintre M. Karl Tremblay, membre des Cowboys Fringants Mme Sophie Lavallée, Professeure Université Laval Mme Julie Lafortune, directrice exécutive, Jour de la Terre M. Renaud Lapierre, Viridis Environnement M. Régis Labaume, Maire, Ville de Québec

Jérôme Dupras, Sophie Lavallée

 

le 2e colloque en R du CSBQ

Le 10 et 11 mai dernier s’est déroulé à la Station Biologique des Laurentides le 2e colloque en R du CSBQ. Ces deux journées ont été l’occasion pour les 33 étudiants inscrits de partager leurs connaissances en analyses de la biodiversité en R, à travers 5 ateliers diverses. Ce colloque a été un succès et nous avons déjà hâte d’organiser celui de l’année prochaine ! Tout le matériel des ateliers est disponible sur la page wiki du colloque.

Ehab Abouheif, Léa Blondel, Marie-Hélène Brice

 

Effets indirects de la régulation de la chasse sur le comportement des femelles ours bruns

Attention médiation incroyable à travers le monde

Un nouvel article du laboratoire de Fanie Pelletier, paru à la fin mars dans Nature Communication, a eu une attention médiatique incroyable. À peine une semaine après sa sortie, il présente un Altmetric Attention Score de plus de 1250 points, touchant du même coup le top 5% des scores obtenus à ce jour et le 99e percentile pour les articles du même âge. Ces travaux ont eu une couverture dans plus de 150 médias à travers le monde à ce jour, et ce nombre continue d’augmenter. L’article, Hunting regulation favors slow life histories in a large carnivore, porte sur les travaux de recherche de l’étudiante au doctorat Joanie Van de Walle, et montre les effets indirects de la chasse sur la sélection et les processus démographiques. Les travaux portent sur une population d’ours brun en suède, où la régulation interdit de chasser les femelles accompagnées de jeunes. Les femelles peuvent garder leurs jeunes 1.5 ou 2.5 ans, favorisant du même coup la survie des femelles qui gardent leurs jeunes plus longtemps, et de leurs petits. La perte d’opportunité de reproduction pour les femelles gardant leurs jeunes plus longtemps serait compensée par leur gain en survie, particulièrement lorsque les pressions de chasse sont importantes.

Funding source: FRQNT, CRSNG, Swedish Environmental Protection Agency, Norwegian Directorate for Nature Management, Austrian Science Fund, Swedish Association for Hunting and Wildlife Management.

Fanie Pelletier, Joanie Van de Walle

 

Une longue tradition en recherche au Jardin Botanique de Montréal

Dans le cadre de l'ouverture de la nouvelle salle multifonction de l'Institut de Recherche en Biologie Végétale (IRBV), le professeur Luc Brouillet a présenté la longue histoire de cette collaboration entre la ville de Montréal et l'Université de Montréal. En effet, dès 1920, le frère Marie-Victorin créa l'Institut Botanique de l’Université de Montréal, rebaptisé IRBV lors de son déménagement au Jardin Botanique de Montréal en 1939. Cet institut regroupe aujourd'hui plus de 200 chercheurs, étudiants et personnel de soutien, dont 11 chercheurs membres du CSBQ. Il abrite aussi depuis 2011, le Centre sur la Biodiversité, qui abrite les principales collections biologiques (plantes, insectes, champignons) au Québec, en plus de développer de la recherche innovante et de sensibiliser le public à la préservation de la biodiversité.

Jacques Brisson, Jacques Brodeur, Luc Brouillet, Anne Bruneau, Pierre-Luc Chagnon, Alain Cuerrier, Mohamed Hijri, Simon Joly, Etienne Laliberté, Stéphanie Pellerin, Marc St-Arnaud

 

Notre maison brûle et nous regardons ailleurs.

Les médias toujours aveugles face à la crise de biodiversité ?

Pourtant capitale au bon fonctionnement des écosystèmes et à notre bien-être, la biodiversité (des plantes et des animaux) diminue à un rythme sans précédent. Toutefois, le grand public est assez peu sensibilisé à cet enjeu environnemental majeur. Nous avons voulu mesurer l’écart dans le traitement médiatique entre la perte de biodiversité et un autre enjeu environnemental majeur que sont les changements climatiques. Ce travail, mené conjointement entre l’Université du Québec à Rimouski, l’Université Laval et l’Université de Sherbrooke est publié dans Frontiers in Ecology and Evolution. La présence de ces enjeux dans les médias a été comparée en utilisant les données de journaux anglophones populaires publiés entre 1991 et 2016. Nos analyses démontrent très clairement que la couverture médiatique des changements climatiques est jusqu’à huit fois supérieure à celle de la biodiversité, et ce, malgré une faible différence dans le nombre d’études scientifiques réalisées et le financement dont ont bénéficié ces deux domaines de recherche. Notre étude propose différentes pistes de réflexion afin que les travaux scientifiques liés à la perte de biodiversité soient davantage relayés par les médias. Une plus grande prise de conscience de cette problématique aiderait à la mise en place de nouvelles politiques permettant de relever les défis posés par l’érosion de la biodiversité.

Funding source: QCBS

Dominique Berteaux, Joël Bêty, Dominique Gravel, Nicolas Casajus, Kevin Cazelles, Clément Chevallier, Marion Chevrinais, Claire Jacquet, Pierre Legagneux, Fanny Noisette, Pascale Ropars, Steve Vissault

 

Aménagements fleuris en pomiculture

Augmenter la biodiversité et la survie hivernale des bourdons pour assurer de meilleurs rendements

Parmi les causes potentielles du déclin actuel des pollinisateurs indigènes observés à travers le monde, on retrouve l’utilisation de pesticides, la perte de diversité florale et la simplification du paysage. En pomiculture, les arbres fleurissent hâtivement au printemps, trop tôt pour plusieurs espèces de pollinisateurs indigènes, et les vergers représentent souvent un paysage floral peu diversifié, deux caractéristiques qui limitent leur attrait auprès des pollinisateurs. Actuellement, la pollinisation se fait majoritairement par l’utilisation de l’abeille à miel (Apis mellifera). Mais ce travail pourrait être effectué par des pollinisateurs indigènes tels que les bourdons Bombus spp., plus efficace que l’abeille à miel, et déjà au travail tôt au printemps, mais qui tendent à être peu nombreux dans les vergers en raison de la faible diversité florale. Ce projet de trois ans, en collaboration avec des pomiculteurs de la Montérégie et de l’Estrie, a été mis en place au printemps dernier par Amélie Gervais, une étudiante au doctorat sous la direction de Valérie Fournier et Marc Bélisle. Cette étude permettra de quantifier les impacts des aménagements fleuris – tels que des haies brise-vent, des bandes riveraines et des bandes fleuries – sur la diversité de bourdons indigènes et leur survie hivernale. À terme, ce projet permettra d’évaluer les impacts biologiques et économiques des aménagements fleuris en pomiculture.

Funding source: MAPAQ

Valérie Fournier, Amélie Gervais

 

À chaque année, les chercheurs et étudiants du CSBQ développent de nouvelles collaborations, co-supervisent de nouveaux étudiants, écrivent des articles dans des journaux prestigieux et explorent de nouveaux sujets de recherche. Le tableau de bord des activités de recherche, de collaboration et de formation du CSBQ est un outil interactif permettant d’explorer de façon intuitive les activités scientifiques et de formation de nos chercheurs et étudiants. Il fournit des représentations graphiques dynamiques de ce qu’est notre réseau aujourd’hui et de son évolution dans le temps. Bonne exploration!