L'application de méthodes biologiques classiques pour la gestion des espèces exotiques envahissantes causant des impacts environnementaux



Ce rapport technique vise à soutenir la compréhension et l'utilisation des méthodes biologiques classiques pour la gestion des espèces exotiques envahissantes qui menacent la biodiversité et les services écosystémiques, ou qui dégradent ou transforment déjà les écosystèmes et les milieux naturels indigènes. Le rapport présente un examen détaillé de l'historique de la réussite, de l'échec et de la rentabilité des programmes de lutte biologique classique contre les différents groupes taxonomiques d'espèces exotiques envahissantes dans les secteurs agricole et environnemental, montrant que la probabilité de réussite est tout à fait spécifique à la cible, mais que les avantages ne sont pas toujours spécifiques au secteur. Il peut y avoir des avantages conjoints pour les écosystèmes naturels et agricoles. La nécessité d'aborder la question de l'acceptation éthique et sociétale de l'introduction d'une autre espèce exotique "bénéfique" pour contrôler une espèce exotique envahissante existante est également étudiée afin de montrer comment la lutte biologique classique a obtenu l'acceptation du public dans certains contextes et régions, mais que des processus doivent être mis en place pour aborder ces questions plus largement dans le monde. Un cadre éthique est proposé. Deux sections couvrent les mécanismes et accords réglementaires nationaux et internationaux existants qui soutiennent l'application de la lutte biologique au niveau national et régional, tout en identifiant les lacunes réglementaires. Le rapport fournit également un examen complet des impacts directs et indirects non ciblés des programmes de lutte biologique existants et des facteurs de risque (tant perçus que réels) qui y contribuent. Après une brève discussion sur les perspectives d'avenir de la lutte biologique classique contre les espèces exotiques envahissantes qui menacent ou transforment de manière nuisible les biens environnementaux, le rapport conclut par un aperçu de ce que les pays et les juridictions, qui n'entreprennent pas actuellement ou activement la lutte biologique classique, doivent prendre en considération pour commencer à adopter une telle approche et à utiliser la lutte biologique classique à l'avenir, s'ils souhaitent l'envisager. Ce rapport contient également, de manière impartiale, les informations et les conclusions basées sur les soumissions des Parties et des autres gouvernements en réponse à la notification 2015-0525 de la Convention sur la diversité biologique. Cliquez ici pour plus d'informations.

Source de financement: CBD


Jacques Brodeur

2020-03-17


Nouvelle étude orchestrée par l’UQAC sur la biodiversité des fonds marins au Canada


Photo credits - M. Cusson et S. Moròn
Le professeur en écologie marine de l’UQAC, le Dr Mathieu Cusson, avec ses collègues provenant de 13 institutions canadiennes, vient de publier la plus vaste étude à ce jour sur la biodiversité des fonds marins du Canada. L’étude intitulée « Seafloor biodiversity of Canada's three oceans : Patterns, hotspots and potential drivers » a été publiée très récemment dans la revue Diversity and Distributions, un journal de premier plan dans le domaine. L'étude a évalué la biodiversité marine benthique des trois océans du Canada, du Pacifique à l'Atlantique en passant par l'Arctique. Le Dr Mathieu Cusson a orchestré les travaux de cette étude qui ont été amorcés dès 2013. Son postdoctorant et premier auteur de l’étude, le Dr Chih-Lin Wei, aujourd’hui professeur d'océanographie à l’Université Nationale de Taiwan, indique : « Il a fallu déployer d'énormes efforts pour compiler et analyser les données de plus de 13 000 échantillons, couvrant plus de 6 000 sites dans les trois océans du Canada. Nous sommes heureux de pouvoir réaliser ce projet. Il a été difficile de trouver, de formater, de valider et de normaliser les données sur la diversité ». Le Dr Wei ajoute que l’étape la plus cruciale a été de garantir aux fournisseurs de données que leurs données étaient entre de bonnes mains. « À l'aide d'informations sur le terrain compilées sur plusieurs années par plusieurs laboratoires, cette équipe a utilisé les données de près de 3400 espèces et taxons pour identifier les points chauds de la biodiversité dans les écosystèmes marins canadiens », a déclaré le Dr Ricardo Scrosati, coauteur de l'Université St. Francis Xavier. L'équipe a utilisé une méthode statistique de pointe en évaluation de la biodiversité. Cette méthode, développée par une statisticienne taïwanaise de renom, la Dre Anne Chao, pour estimer la biodiversité à partir de divers engins d'échantillonnage, puis a utilisé des informations environnementales pour explorer les causes les plus probables des patrons de la biodiversité observée. « Avec près de 60% de taxons de plus que les études précédentes, notre étude montre des points chauds inédits de la biodiversité, entre autres dans l'Arctique canadien, montrant que la vision dominante de la diminution de la diversité avec la latitude n’est pas toujours valide » explique le Dr Mathieu Cusson, leader du projet. Le Dr Scrosati dit que dans l'ensemble, nos résultats fournissent des informations précieuses qui devraient améliorer, entre autres objectifs, la conception d'aires marines protégées pour préserver notre riche et fascinante biodiversité benthique marine. "Nous sommes heureux de voir l'étude publiée dans cette revue, car elle a un facteur d'impact très élevé, ce qui suggère que l'étude sera largement vue dans la communauté scientifique du monde entier. Ainsi, d'une part, nous espérons attirer des collègues talentueux et les étudiants à poursuivre leurs études sur la biologie marine et, d'autre part, nous espérons voir nos approches appliquées à d'autres parties du monde vers une synthèse mondiale que la science est toujours à la recherche ", a déclaré le Dr Scrosati. Pourquoi étudier la biodiversité d’habitats qu’on ne voit pas ? Le Dr Mathieu Cusson souligne que la connaissance de la biodiversité des fonds marins aide à comprendre le fonctionnement des écosystèmes. Aussi, si dans un avenir proche les écosystèmes sont appelés à être modifiés dans leur biodiversité, ces études aiguillonneront les chercheurs sur les conséquences pour leur fonctionnement et, ultimement, pour les services écosystémiques qu’ils nous fournissent. Cliquez ici pour plus d'informations.

2020-03-05


Que peut nous apprendre le microbiome intestinal sur la santé des ours polaires ?


Photo credits - CHRIS COLLINS/HERITAGE EXPEDITIONS
Les ours polaires sont très vulnérables en raison de la fonte de la glace de mer, induite par le changement climatique, car elle réduit leur accès à leur principale source de proie, les phoques annelés, qui doivent se déplacer sur la glace. Par conséquent, certains ours ont modifié leur comportement de recherche de nourriture en utilisant davantage les ressources alimentaires terrestres, comme les carcasses de baleines boréales, les oiseaux de rivage et les œufs d'oiseaux de rivage. Les changements de régime alimentaire peuvent avoir des répercussions importantes sur la santé d'une espèce et des individus, notamment en modifiant leur microbiome de l'intestin, qui est un assemblage de micro-organismes (principalement des bactéries) connus pour mener à bien de nombreux processus métaboliques et immunitaires importants pour leur organisme hôte. À ce jour, le microbiome intestinal est relativement peu étudié pour de nombreuses populations et espèces sauvages. Notre travail vise à décrire et à comparer de façon préliminaire la composition et la diversité des communautés microbiennes intestinales des ours polaires du sud de la mer de Beaufort et de l'est du Groenland, et à approfondir ces connaissances en évaluant comment les différences dans les régimes alimentaires respectifs de ces sous-populations géographiquement disparates pourraient alternativement façonner leur microbiote intestinal. Megan Franz est une étudiante en maîtrise de l'Université McGill qui travaille sur ce projet pour sa thèse. Elle est supervisée par le Dr Melissa McKinney, professeure adjointe au département des sciences des ressources naturelles de l'Université McGill et titulaire d'une chaire de recherche du Canada sur les changements écologiques et les facteurs de stress environnementaux. Mégan est co-supervisée par le Dr Lyle Whyte, professeur au département des sciences des ressources naturelles de l'Université McGill et titulaire d'une chaire de recherche du Canada en microbiologie polaire. Le projet implique également une collaboration avec Kristin Laidre de l'Université de Washington et Todd Atwood de l'USGS Alaska Science Center.

2020-03-02


Bon appétit! Des contaminants au menu des orques de l’atlantique du nord?



Les orques sont parmi les animaux les plus contaminés de la planète, accumulant des niveaux élevés de contaminants synthétiques dans leurs tissus. Ces contaminants, notamment les PCB (biphényles polychlorés) et les DDT (dichlorodiphényltrichloroéthanes) sont interdits depuis des décennies, mais ils se dégradent très lentement et s'accumulent fortement dans la chaîne alimentaire, ce qui entraîne une exposition élevée des prédateurs supérieurs. De telles concentrations de contaminants exposent les orques, le principal prédateur des océans, à des risques d'effets endocriniens, reproductifs et immunitaires sur la santé. Il a été démontré que le régime alimentaire est un facteur important dans la variation des contaminants parmi les groupes d'orques. Cependant, le régime alimentaire au sein des groupes d'orques de l'Atlantique Nord et entre eux n'est pas bien compris. Notre projet vise à utiliser des traceurs chimiques à haute résolution du régime alimentaire mesuré à partir d'échantillons de biopsie d'orques de l'Atlantique Nord vivant en liberté afin de mieux comprendre les différents régimes alimentaires des principaux groupes d'orques de l'Atlantique Nord et, par conséquent, de comprendre comment cette variation alimentaire peut entraîner des différences d'exposition aux principales classes de contaminants problématiques pour l'environnement.

2020-02-26


Une plate-forme de science citoyenne pour la numérisation des spécimens de l'herbier Louis-Marie



L’Herbier Louis-Marie de l’Université Laval est le plus grand herbier universitaire canadien. Avec près de 800 000 spécimens entre ses murs, la tâche d’informatisation de cette collection est monumentale. À ce jour, environ 37% des spécimens, surtout des plantes vasculaires, mais aussi des bryophytes et des lichens sont saisis. Le but d’informatiser la collection de l’Herbier Louis-Marie est de faciliter la gestion et les recherches dans la collection, mais surtout de rendre plus accessible aux chercheurs et au grand public les données de biodiversités de cette collection. Grâce à la collaboration du Centre de la science de la biodiversité du Québec, l’Herbier a pu mettre en place un portail collaboratif d’informatisation de la collection. Les participants utilisent les images des cartons d’herbier déposées sur le portail pour en décrypter et transcrire les informations essentielles tel le nom de l’espèce, le lieu et la date de récolte, ou le nom de la personne qui a récolté le spécimen. Ces informations d’étiquette, parfois manuscrites, parfois dactylographiées, mais généralement complexes et très différentes les unes des autres, sont généralement mieux interprétées par des personnes, même si des technologies de reconnaissance numérique existent. Nous espérons que ce nouveau portail augmente la cadence d’informatisation de l’Herbier Louis-Marie. Les données de biodiversité provenant de l’Herbier Louis-Marie sont diffusées sur le site de l’Herbier (herbier.ulaval.ca) et déposées sur plusieurs agrégateurs de données de biodiversité comme Canadensys, GBIF, le consortium des herbiers nord-américains de lichens et de bryophytes et iDigBio. Cliquez ici pour plus d'informations.

Ajouté par: Lancer 2020-01-17


Possibilités et limites de l’encadrement juridique de la protection des rives, du littoral et des plaines inondables au Québec



Depuis son adoption en 1987, la Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables (PPRLPI) a fait l’objet de plusieurs mises à jour, la dernière datant de 2017, et ce, dans le but de résoudre certains problèmes d’application. Dans le cadre du chantier de modernisation du régime d’autorisation en application de la Loi sur la qualité de l’environnement (LQE), de l’adoption de la Loi concernant la conservation des milieux humides et hydriques (LCMHH) et de la mise en œuvre de la nouvelle Stratégie québécoise de l’eau (SQE), une refonte complète des dispositions de la PPRLPI doit être effectuée, à moyen terme, afin d’y apporter les modifications nécessaires. Celles-ci concernent autant la gestion des zones inondables que des éléments concernant la protection des rives et du littoral, en milieu continental et côtier et possiblement des milieux humides. Une réflexion de fond sur la refonte de cette Politique doit être initiée. L’intégration de nouvelles connaissances et la prise en compte des changements climatiques motivent également cette refonte, de même que les constats sur les problèmes d’application et d’uniformité du cadre normatif minimal par les municipalités. Considérant ces besoins, la Direction de l’agroenvironnement et du milieu hydrique (DAEMH) a décidé de faire appel au Centre de la science de la biodiversité du Québec (CSBQ), afin d’effectuer une étude critique des mesures réglementaires de l’Union européenne et de quelques pays membres et de leur mise en application. Accédez au rapport ici

Source de financement: Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, CSBQ, MELCC


Sophie Lavallée

2019-11-28


Chaire de recherche sur les enjeux sociaux de la conservation



- Comprendre les possibilités et les contraintes sociales pour la protection des habitats de diverses espèces fauniques menacées ou vulnérables au sein d’une variété de contextes socioéconomiques et culturels. - Connaître les perceptions des propriétaires fonciers, les réponses sociales et les risques de conflits reliés aux interventions projetées de conservation des habitats fauniques en milieux privés. - Identifier des entraves à la conservation découlant des modes d’aménagement du territoire et des institutions sociales, économiques et politiques - Définir les démarches de collaboration, d’éducation et de sensibilisation à prioriser pour réaliser des interventions légales de conservation en terrain privé. - Évaluer et comparer les modalités de gouvernance et d’organisation sociale dans l’aménagement et la mise en valeur des ressources naturelles en terrain privé en fonction des enjeux de conservation de la faune. Cliquez ici pour plus d'informations.

Source de financement: Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Centre de la Science de la Biodiversité du Quebec


Jean-François Bissonnette, Sophie Calmé, Konstantia Koutouki, Katrine Turgeon, Louis Tanguay

2019-09-20


Le Dialogue nord-américain sur la diversité bioculturelle

Conférence CICADA



Le Dialogue fut une conférence de 3 jours, faisant partie d’une série d’événements organisés dans le cadre du Programme de travail conjoint de l’UNESCO-SCDB, ayant pour but d’examiner le sens et les valeurs des liens entre la diversité biologique et culturelle au niveau régional et leurs implications pour trouver des solutions aux problèmes mondiaux auxquels l’humanité fait face. En particulier, le Dialogue cherchait à promouvoir l’échange et la co-création de connaissances entre différents acteurs pour améliorer la compréhension des liens d’interdépendance entre les dimensions biologiques et culturelles de la diversité, ainsi que la compréhension de leurs implications pour la gestion des ressources et les processus de prise de décision. Le Dialogue visait également à sensibiliser sur le rôle des langues autochtones et des systèmes de gestion et de connaissances autochtones et locales, qui constituent la base d’une diversité culturelle riche et florissante. Cliquez ici pour plus d'informations.

2019-05-13


Comprendre les Microbes pour Sauver les Récoltes



Le professeur de l'INRS Etienne Yergeau, Ph.D décroche un financement de la Fondation canadienne pour l'innovation (FCI) pour mieux comprendre les interactions entre les plantes et les micro-organismes dans le sol. « Au niveau de leurs racines, les plantes font des échanges de services avec les micro-organismes, explique le professeur Yergeau. La composition de cette communauté de champignons, de bactéries et d’autres êtres microscopiques change selon les conditions, mais on comprend très peu la dynamique qui régit le tout. Si on arrive à déchiffrer qui fait quoi et comment, on pourra tirer profit des interactions pour aider les plantes à demeurer en santé dans des conditions difficiles. » Ce projet de recherche du professeur Yergeau est également financée par le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement du Québec (MEES). Cliquez ici pour plus d'informations.

Source de financement: FCI, MEES


Etienne Yergeau

2019-03-29