Anaïs REMILI

McGill University
Candidat Ph.D.

superviseur(e): Melissa McKinney
Robert J. Letcher
Début: 2019-01-01
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Projet

Le rôle de l'écologie trophique dans l'exposition aux polluants organiques persistants chez les épaulards (Orcinus orca) dans l'océan Atlantique Nord
La pollution chimique est l'une des neuf menaces pour la faune et l’Homme à l'ère de l'anthropocène. Les « polluants organiques persistants » (POPs) sont des produits chimiques d'origine humaine comprenant les polluants industriels et les pesticides. Des décennies après leur interdiction, ces polluants circulent encore dans les océans. Ils s'associent aux graisses et s'accumulent le long de la chaine alimentaire, atteignant ainsi des concentrations élevées chez les cétacés. Des niveaux élevés de ces contaminants entraînent des problèmes: altération des fonctions immunitaires, hormonales, reproductives et même des cancers. L'orque (Orcinus orca) est l'une des espèces qui présente les niveaux les plus élevés de POPs. Par conséquent, une étude récente a suggéré que la moitié des populations d'orques pourrait disparaître d'ici 2100. Cette étude est basée sur un nombre limité d'individus; il nous faut donc évaluer les niveaux, la toxicité et les risques associés aux POPs pour tous les autres groupes d'orques. L’alimentation est le principal facteur d'accumulation des POPs. Malheureusement, il n’existe que peu d'informations sur l'alimentation des orques ou leur exposition aux polluants dans l'Atlantique Nord, bien que leur population soit de plusieurs milliers d’individus. Aucune étude n'a encore comparé le régime alimentaire de tous les groupes d'orques de cette région. Des études antérieures ont proposé deux écotypes d'orques. Les orques de type 1 mangent des poissons tandis que les orques de type 2 se nourrissent supposément de mammifères marins. Pourtant, des études récentes ont montré que toutes les populations d'orques en Atlantique Nord mangent des proies différentes. Certains individus de «type 1» chassent des mammifères marins tandis que certains individus de «type 2» mangent des poissons. Il existerait donc des variations dans l’alimentation des orques à l’échelle intra-population et inter-populations. Les mammifères marins, plus haut dans la chaine alimentaire, accumulent plus de POPs que les poissons. Ainsi, certains individus se nourrissant de mammifères marins pourraient être sur-exposés à ces contaminants. L'étude de la diète des orques est difficile et leur observation par mauvais temps est compliquée. De plus, il faut constamment être en mer pour pouvoir les suivre, ce qui est impossible. Cependant, nous pouvons utiliser des traceurs chimiques pour comprendre le régime alimentaire des orques. Il suffit d’ extraire, mesurer et comparer différents éléments (lipides et isotopes stables) dans leurs biopsies (peau, lard). L'objectif principal de ma thèse est de mesurer et de comparer la diète des orques de l'océan Atlantique Nord, ainsi que d’évaluer l’influence de cette diète sur les POPs. En fonction de leur régime, ces baleines seront confrontées à différents risques: problèmes de santé liés aux POPs cités précédemment, disponibilité des proies face au changement climatique, etc. Il est donc indispensable d'étudier leur alimentation pour les protéger. Les outils que nous développerons dans mon projet aideront également à étudier les modifications alimentaires causés par le changement climatique dans le futur. Nous savons que certains orques commencent à envahir l'Arctique et qu'ils se nourrissent probablement d’espèces locales. Il sera donc essentiel d’obtenir des informations précises sur leur alimentation pour évaluer leur impact sur les écosystèmes arctiques.

Mots-clés

ecotoxicology, killer whales