Felix Henri

Université de Montréal
Candidat M.Sc.
superviseur(e): Julie Talbot
Christian von Sperber, Université Mcgill
Début: 2023-09-01
Candidat M.Sc.
superviseur(e): Julie Talbot
Christian von Sperber, Université Mcgill
Début: 2023-09-01
Projet
Le rôle de la faune aviaire dans la circulation des nutriments : l'impact des oiseaux marins et des cormorans sur les écosystèmes de la MinganieLa capacité d'ingénierie des écosystèmes de certaines espèces d'oiseaux est bien documentée dans diverses parties du monde. Les oiseaux marins piscivores en particulier jouent un rôle majeur dans les zones qu'ils choisissent comme sites de nidification. 98% des espèces d'oiseaux marins (Mulder et al., 2011) nichent dans de grandes colonies grégaires qui peuvent comprendre plusieurs milliers d'individus. Ce comportement leur permet de transporter d'importantes quantités de nutriments (azote et phosphore) de la mer, où ils se nourrissent, vers la terre où ils nichent. Au fil du temps, cette charge modifie les propriétés physiques et chimiques du sol autour de la colonie ainsi que les structures des communautés végétales et animales (Smith et al., 2011 ; Mulder et al., 2011). Les cormorans à aigrettes (Nannopterum auritum) sont d'importants agents locaux de changement environnemental en Amérique du Nord en raison de leur large distribution et de leur tolérance à des habitats variés (Wires, 2014 ; Wires et Cuthbert, 2006 ; Smith et al., 2011). Cependant, il y a peu d'études sur leur rôle sujet dans les écosystèmes boréaux. De plus, très peu d'attention a été accordée aux interactions entre les oiseaux et les zones humides et les tourbières. Rappelons que les tourbières sont des écosystèmes fragiles et vulnérables à des forçages externes et jouent un rôle critique dans le stockage du carbone. Seulement 3 % et 0,6 % de tous les articles publiés sur l'influence des oiseaux sur leurs aires de repos et de nidification, respectivement, examinent ces types d'écosystèmes (Grant et al., 2022). Notre objectif est de contribuer à combler cette lacune en se tournant vers la région de la Minganie, sur la Côte-Nord du Québec. Cette région présente dans ses terres et sur ses iles une mosaïque d’écosystèmes interreliés, une suite de forêts boréales et de tourbières. La Réserve de Parc national de l'Archipel-de-Mingan abrite aussi deux colonies de cormorans à aigrettes. La colonie située sur l'île des Bouleaux du Large est présente depuis au moins 40 ans et a été identifiée comme une perturbation naturelle de l'écosystème forestier par Parcs Canada (Parcs Canada, 2011). La colonie s'est déplacée au fil des ans, nécessitant de nouveaux arbres alors qu'elle tue ceux qu'elle utilise pour nicher. Sur la côte, divers oiseaux marins, dont de nombreuses espèces de goélands, d'eiders et de sternes, utilisent les tourbières pour nicher ou se reposer. Notre principale question de recherche est donc de savoir quel est le rôle de la faune aviaire dans le cycle des nutriments dans la mosaïque d’écosystèmes de la Minganie et comment nous pouvons quantifier et mesurer ce rôle. Notre premier objectif portera sur l'impact spatiotemporel de la colonie de cormorans de l’ile à Bouleaux du Large sur les paramètres chimiques des sols forestiers de l'île. En collaboration avec Parcs Canada, nos travaux devraient permettre de déterminer la trajectoire des écosystèmes insulaires et si la forêt est en mesure de se rétablir ou non suivant le passage des cormorans. Notre deuxième partie tentera de fournir une vue d'ensemble plus complète de la manière dont les nutriments sont distribués dans les tourbières de la région. Nous comparerons les paramètres des tourbières insulaires à des tourbières côtières et d’autres à l’intérieur des terres. L’attente finale sera d’augmenter nos connaissances sur la fonction écosystémique des oiseaux dans les tourbières.