Coralie Viviers
Projet
Effets d’épisodes stochastiques de prédation intensive sur la sénescence en reproduction et en survie chez le mouflon d’Amérique (Ovis canadensis)Des épisodes stochastiques de prédation intensive par des individus spécialistes ont été observés chez plusieurs espèces sauvages, dont le mouflon d’Amérique (Ovis canadensis). Ces épisodes ont un impact important sur la dynamique des populations touchées. En plus des effets directs comme une diminution de la survie des brebis et des agneaux, la prédation intensive par le cougar (Puma concolor) a aussi des effets indirects nuisant à la croissance de la population. Ceux-ci incluent une diminution de la prise de masse pour les jeunes et les femelles, de même qu’un impact négatif sur la reproduction des femelles étant nées lors d’une année cougar. Ces épisodes ont un effet particulièrement important chez les espèces organisées en petites populations isolées comme les ongulés alpins. Ils ont un impact plus grand sur la dynamique des populations que les facteurs environnementaux ou densité-dépendants, et peuvent y entraîner un effet Allee. Ils sont donc susceptibles d’engendrer l’extinction des populations touchées et d’affecter la pérennité de l’espèce. D’autre part, plusieurs études ont montré un lien entre les conditions au cours du développement et la sénescence en survie et en reproduction. Des conditions environnementales moins favorables subies en début de vie mènent ainsi à une augmentation du taux de sénescence chez plusieurs espèces. Mon projet vise donc à évaluer l’effet à long terme des épisodes stochastiques de prédation intensive sur la dynamique de population du mouflon d’Amérique en vérifiant si ceux-ci engendrent des effets sur la sénescence en reproduction et en survie des individus nés lors des années touchées par ces épisodes. Pour ce faire, j’utiliserai les données du suivi individuel à long-terme qui est effectué depuis 1971 à Ram Mountain, en Alberta. Cette population a subi quatre épisodes de prédation intensive étalés sur neuf années. Je pourrai donc évaluer si le taux de sénescence en reproduction et en survie est supérieur pour les cohortes nées durant ces années cougar comparativement à celles nées durant des années de faible prédation.
