Mot du directeur

Il est maintenant reconnu que la diversité sur terre, incluant la variété des gènes, des espèces et des écosystèmes, est un héritage naturel irremplaçable pour le bien-être de l’humanité et pour le développement durable. L’impact du changement de l’utilisation des terres, de l’exploitation de ressources, des changements climatiques et des invasions biologiques ont accru les extinctions par un facteur de 100-1000 par rapport aux taux d’extinctions préhistoriques et ne montrent aucun signe de diminution. En fait, des indicateurs tels que Planète en vie de la WWF suggèrent que le taux d’extinction globale s’accroîtra encore par un facteur dix d’ici le milieu du présent siècle. Par ailleurs, la science de la biodiversité a émergé de façon exponentielle au cours des quinze dernières années. Ce domaine de recherche s’articule autour de trois champs d’étude: la découverte et l’inventaire de la biodiversité; l’étude des causes et conséquences des changements de la biodiversité; de même que l’implication socioéconomique des changements de la biodiversité. Malheureusement, la science de la biodiversité n’a eu que très peu de temps pour proposer des solutions à ces changements environnementaux, ce qui pourraient en fait être le plus grand enjeu scientifique du 21ième siècle.

La science de la biodiversité n’a jamais été si forte au Québec. Pour développer le réseau de chercheurs en biodiversité dans la province, nous avons mis sur pied le Centre de la science de la biodiversité du Québec (CSBQ). Le CSBQ regroupe 100 chercheurs d’avant-garde tant au niveau national qu’international, au sein d’un partenariat entre 8 institutions académiques, une institution publique et un ministère fédéral : Bishop’s University, Concordia University, McGill University, Université de Montréal, Université du Québec à Montréal, Université du Québec à Rimouski, Université Laval, Université de Sherbrooke, le Jardin Botanique de Montréal et Agriculture and Agroalimentaire Canada.

Le CSBQ met en commun les infrastructures à la fine pointe de la technologie et les stations de recherche disponibles des institutions membres et en facilite ainsi l’accès pour tous les membres, chercheurs et étudiants. Une telle intégration des ressources en commun favorise les recherches multidisciplinaires et multi-niveau, qui sont nécessaires pour générer les connaissances en biodiversité pertinentes au niveau régional.

Le CSBQ poursuit trois objectifs principaux : 1) Favoriser et promouvoir un programme de recherche de niveau mondial à tous les niveaux (baccalauréat, cycles supérieurs, postdoctoral, professoral) en science de la biodiversité. 2) Faciliter la coopération scientifique multidisciplinaire au sein d’un groupe de chercheurs du Québec en science de la biodiversité et promouvoir la recherche se faisant au Québec à des niveaux nationaux et internationaux. 3) Faciliter le développement de politiques pour la biodiversité, et contribuer au débat académique et publique sur la perte de biodiversité au Québec, au Canada et ailleurs dans le monde.

Les besoins en personnel et en main d’œuvre qualifié dans le domaine de la science de la biodiversité se sont accrus depuis que le gouvernement du Québec a mandaté en 2004 le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs pour l’implémentation d’une Stratégie et un Plan d’action québécois sur la diversité biologique, visant l’atteinte des objectifs de la Convention sur la diversité biologique. Au cours de la dernière décennie, la croissance de la recherche et de l’industrie dans le domaine environnemental a été forte. Un sondage de Statistique Canada en 2004) soulignait la haute proportion de salariés d’industries reliées au secteur environnemental.

Le CSBQ formera du personnel hautement qualifié, expérimenté dans le domaine de la science de la biodiversité. Ces individus seront compétitifs pour un large éventail de postes dans les secteurs environnementaux, tant en éducation, en génomique, en gestion des écosystèmes et écosystèmes, qu’en tant que consultant. La Politique québécoise de la science et de l’innovation accorde une grande importance à la formation de la génération future de chercheurs, et le CSBQ entend jouer un rôle de premier plan et former des chercheurs en science de la biodiversité et des gestionnaires d’écosystèmes pour les décennies à venir. Les membres du CSBQ supervisent à l’heure actuelle plus de 500 étudiants aux cycles supérieurs. La capacité substantielle de formation est donc déjà bien établie, et ne fera qu’augmenter avec les nouveaux membres-chercheurs et leur cohorte d’étudiants. De multiples approches seront entreprises par le CSBQ pour favoriser la formation de la relève.

Le CSBQ a amorcé un collaboration productive avec deux ministères du gouvernement du Québec (Ministère du Développement Durable de l’Environnement et des Parcs et Ministère des Ressources Naturelles et de la Faune) et avec le consortium Ouranos. Ces collaborations contribuent au transfert des connaissances nécessaire à l’implémentation de politiques et de stratégies pour atténuer les pertes de biodiversité dans un contexte de changement climatique. De nouveaux projets sur l’échantillonnage de la biodiversité, sur les services rendus par les écosystèmes, et la création de réseaux d’habitats écologiques à l’épreuve des changements climatiques sont autant d’exemples de projets collaboratifs déjà mis en route.